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Du temps qui passe
(et qui ne passe pas)
De ralenti à l'accéléré, jusqu'à se demander où il a bien pu passer: le temps m'a joué des tours toute la semaine. Tout a commencé un matin où je m'étais levée avec une demi-heure de retard... j'ai alors décidé de rater sciemment mon train habituel et de prendre le suivant, une heure plus tard. Je n'ai jamais été très bonne en mathématiques, mais il me semble que si je calcule bien, j'aurais dû avoir une demi-heure de plus que d'ordinaire pour vaquer à mes activités matinales. Eh bien non. Alors que d'habitude, j'arrive à boire deux cafés, mettre mon site à jour, répondre au courriel, arroser le potager (s'il y a lieu), déjeuner, préparer un lunch et marcher jusqu'au train, cette demi-heure supplémentaire semble m'avoir nuit plutôt qu'aidée. Je suis arrivée au train essoufflée d'avoir couru après avoir extorqué à mon doux la promesse d'arroser le potager, et j'ai dû aller au resto pour le lunch. Une collègue a sagement conclu que je venais de découvrir une des grandes règles de la vie: plus on a de temps pour tout, moins on a le temps pour quoi que ce soit.
Je ne sais trop si la semaine a été longue ou courte. Je relis d'ailleurs les mises à jour avec une vague certitude que c'est arrivé, comme si tout avait eu lieu il y a des années. Prenez par exemple mon saumon confit: le souvenir que j'en ai est si lointain qu'il faudra certainement en refaire cette semaine pour me rappeler à quel point c'était délicieux (ce dont personne ne se plaindra chez moi). Quant au pesto citronné, heureusement que j'en ai encore au réfrigérateur pour me prouver que je l'ai vraiment cuisiné...
Est-ce aussi pour m'assurer que, malgré le temps qui passe, je me souviendrai parfaitement de mes merveilleuses tomates? Toujours est-il que je travaille fort à documenter leur existence, en histoires et en photos. Trois nouvelles variétés se sont pavanées devant l'objectif cette semaine: l'Opalka, la Petite moineau et la Verte zébrée (sans contredit l'une de mes plus belles photos).
Cette semaine, j'ai aussi concocté une petite crème pour le visage, toujours pour contrer les effets du temps... Je ne vous parle pas ici d'un vain combat contre les rides, mais plutôt d'un travail de captation olfactive de mon environnement immédiat (rien de moins): j'ai en effet regroupé dans un petit pot toutes les bonnes odeurs de mon terrain, dont je me tartine matin et soir pour me sentir chez moi au lit comme au bureau. Je me promets de la refaire en plein hiver, pour pouvoir raviver le souvenir de cette fin d'été, et faire alors un véritable voyage dans le temps...
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